Magazine
Actualités

Italie : attention aux coûteuses ZTL

Jérémy Zabatta
Publié le 30/06/2026

Les « Zone a traffico limitato » (ZTL) peuvent coûter cher aux touristes

En Italie, les « Zone a traffico limitato » (ZTL) peuvent coûter cher aux touristes. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, avoir une voiture électrique ou une voiture de location n’est pas un laissez-passer.

L’Italie concentre à elle seule plus de la moitié des dispositifs de restriction de la circulation recensés en Europe. C’est le principal enseignement d’une étude publiée en juin 2026 par l’Observatoire Auto et Mobilité (Osservatorio Auto e Mobilità) de la LUISS Business School, à Rome, intitulée « Auto e Città, oltre il divieto » (« Voiture et Ville, au-delà de l’interdiction »).

100 euros d’amende, voire plus

Au cœur du dispositif se trouvent les ZTL (Zone a traffico limitato), littéralement « zones à trafic limité ». Il s’agit de secteurs, le plus souvent situés dans les centres historiques, où la circulation est réservée à certaines catégories d’usagers : riverains, services de livraison, transports publics, taxis et véhicules munis d’une autorisation spéciale. Les autres conducteurs, et notamment les touristes, ne sont généralement pas admis.

Pour le voyageur, les conséquences sont concrètes. L’accès non autorisé à une zone est généralement sanctionné par une amende d’environ 100 euros (selon les villes, elle varie de 80 à 300 euros), relevée par des caméras qui contrôlent automatiquement les plaques d’immatriculation. L’avis de contravention parvient souvent au domicile plusieurs mois après le séjour, et chaque entrée non autorisée peut être verbalisée séparément en cas de passages répétés. Généralement, un paiement rapide (dans les cinq jours) réduit la note. À l’inverse, ignorer la contravention fait grimper le montant.

L’étude « Auto e Città, oltre il divieto » montre les limites de ce type de dispositif, puisqu’il ignore le plus souvent la performance environnementale du véhicule. Par exemple, une voiture ancienne et polluante appartenant à un résident peut y circuler librement, alors qu’un véhicule zéro émission conduit par un visiteur en est exclu. De plus, chaque ville fixe ses propres horaires, ses conditions d’accès et sa signalisation, ce qui complique la tâche des automobilistes, en particulier étrangers.

Pour les automobilistes luxembourgeois qui prendront la route de l’Italie cet été, la prudence reste donc de mise : en cas de doute devant un panneau, mieux vaut renoncer à s’engager dans la zone et chercher un autre itinéraire.

La voiture de location est traitée de la même façon

Pour les touristes utilisant une voiture de location, le principe est le même. La caméra photographie la plaque et la contravention est d’abord adressée au propriétaire enregistré du véhicule, c’est-à-dire au loueur. Celui-ci est alors tenu de communiquer à la police les coordonnées complètes du conducteur (nom, adresse et toute information demandée). Aucun laissez-passer ni régime particulier ne s’applique : les voitures de location sont soumises aux mêmes règles, aux mêmes caméras et au même processus que les autres véhicules. De plus, le loueur facture des frais administratifs pour le traitement du dossier, qui s’ajoutent au montant de la contravention, généralement de 30 à 50 euros par infraction, souvent prélevés automatiquement sur la carte bancaire utilisée lors de la location.

L’Italie, championne européenne

Toujours selon l’étude « Auto e Città, oltre il divieto », l’Italie compte 485 mesures de limitation d’accès, soit plus de la moitié du total européen (56,2 %), qui s’élève à 863 dispositifs. Le décompte ne porte pas sur les seules zones à trafic limité, mais sur l’ensemble des mesures que les spécialistes regroupent sous le terme d’UVAR (Urban Vehicle Access Regulations). L’étude en distingue cinq catégories : les péages urbains, les zones à faibles émissions, les zones à trafic limité, les aires piétonnes et les restrictions visant certaines catégories de véhicules.

Les ZTL au sens strict n’en forment donc qu’une partie, mais leur concentration reste frappante. Sur environ 500 zones de ce type actives en Europe, 446 se trouvent en Italie, soit près de neuf sur dix. Le tableau s’inverse en revanche pour les zones à faibles émissions : l’Europe en recense 338, l’Espagne arrivant en tête avec 82 zones, devant la France (63), l’Allemagne (57) et les Pays-Bas (40).

L’étude ne se limite pas au constat. Elle plaide pour une harmonisation : des critères homogènes pour les zones à faibles émissions, une signalisation cohérente et surtout une plateforme numérique nationale unique. Les chercheurs rappellent par ailleurs que la réduction du trafic et la piétonnisation, contrairement à une idée répandue, ne pénalisent pas le commerce de proximité mais tendent à renforcer l’attractivité des quartiers.

Source : étude « Auto e Città, oltre il divieto », Osservatorio Auto e Mobilità de la LUISS Business School (dir. Fabio Orecchini), présentée en juin 2026.
Lien vers l’étude : https://businessschool.luiss.it/osservatorio-auto-mobilita/auto-e-citta-oltre-il-divieto/