Les entreprises face au défi de la mobilité

Publié le 20.09.2022

L’ACL et la Chambre des métiers ont réalisé une étude conjointe auprès de 1310 entreprises luxembourgeoises pour comprendre leurs besoins liés à la mobilité d’aujourd’hui et de demain.


Réalisée au premier trimestre 2022, l‘enquête conjointe réalisée par la Chambre des Métiers et l’ACL (Automobile Club du Luxembourg) a été envoyée à 7364 entreprises du secteur de l’artisanat. Quelque 1310 sociétés sollicitées ont participé. Elles représentent 33 000 salariés correspondant à 38 % de l’emploi des entreprises contactées. Les sociétés participantes occupent en moyenne 25 salariés.
 

État des lieux

64 % des entreprises interrogées possèdent un parc de véhicules. 8 sur 10 utilisent uniquement des voitures de service et/ou des camionnettes. Seulement 3 sur 10 ont des poids-lourds. En moyenne, les entreprises disposant d’un parc possèdent 17 véhicules (camions, camionnettes et voitures confondus). Au total, les entreprises ayant répondu au questionnaire gèrent un parc de plus de 13 500 véhicules. 91 % des voitures et 99 % des camionnettes sont équipés d’un moteur thermique.
Seulement 15 % des entreprises possèdent au moins une borne de charge. Les entreprises ayant répondu au questionnaire possèdent 630 bornes au total.
 

Les défis

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7 entreprises sur 10 considèrent la mobilité comme un défi. 17 % des entreprises déclarent même que c’est un problème de premier plan. 8 entreprises sur 10 ont indiqué que le prix du carburant ou de l’électricité pose un problème.
La perte de temps dans le trafic est une préoccupation pour 6 entreprises sur 10. Pour 40 %, le temps du trajet entre le domicile et le travail représente un frein pour trouver ou retenir de la main d’œuvre qualifiée. Les grandes entreprises sont plus exposées à ce défi (76 %).
Selon les calculs de l’ACL et de la Chambre des Métiers, la perte de temps des salariés dans le trafic s’élève à 141 heures par an et par véhicule. Pour une entreprise avec 17 véhicules, la perte monétaire s’élève à 48 000 euros par an. Ces calculs sont basés sur l’hypothèse d’une personne par véhicule et d’un coût horaire de 20 €/h.

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L’électromobilité

À noter que seulement une entreprise sur quatre traite le sujet de la mobilité en interne. Les sujets brûlants concernent l’horaire mobile pour éviter les bouchons et le passage à l’électromobilité. Deux tiers des entreprises se disent bien informées sur le développement de l’électromobilité. Toutefois, pour 77 % d’entre elles, le coût d’investissement reste un obstacle majeur.
À peine 37 % des entreprises comptent investir dans l’électromobilité. 28 % des chefs d’entreprise considèrent le développement de l’électromobilité comme une réelle opportunité.
 

Les obstacles

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Plus d’un tiers des patrons interrogés ne savent pas que la prime « Clever fueren » s’adresse également au parc de véhicules des entreprises. Seules 7 % des sociétés artisanales ont déjà bénéficié de la prime. 14 % des entreprises interrogées comptent cependant le faire à l’avenir.
Compte tenu de l’inadéquation entre l’électromobilité et leurs besoins (autonomie, temps de charge, etc.), la moitié des entreprises artisanales considère d’autres alternatives comme plus adaptées et envisagent de recourir à l’hydrogène ou aux biocarburants.
 

Nos conclusions

  • Les pertes de temps productif sont conséquentes pour les entreprises.
  • La Chambre des Métiers et l’ACL saluent les efforts du gouvernement pour accélérer l’électromobilité, notamment le régime d’aide « Clever fueren ». Toutefois, un tiers des entreprises n’étaient pas informées qu’elles étaient éligibles à ces subsides.
  • Les efforts à faire au niveau de l’infrastructure de chargement sont énormes : bornes sur la voie publique, auprès des entreprises et au domicile des salariés.
  • Une bonne partie des entreprises, notamment celles d’une certaine envergure, sont prêtes à investir. Mais les coûts de l’investissement restent un obstacle majeur.
  • La non-disponibilité de véhicules électriques adéquats pour les besoins des artisans (camionnettes et camions) est aussi un problème conséquent.
  • 50 % des chefs d’entreprises considèrent des technologies alternatives à l’électromobilité comme plus adaptées à leur activité.

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Nos propositions

  1. Améliorer la mobilité au sens large en réalisant des investissements publics conséquents, y compris dans les infrastructures routières.
  2. Organiser une campagne de sensibilisation auprès des entreprises.
  3. Développement accéléré de l’infrastructure de recharge (notamment les bornes SuperChargy).
  4. La Chambre des Métiers et l’ACL attendent le projet de loi du nouveau régime d’aides en faveur de l’acquisition de véhicules propres (annoncé lors de l’accord tripartite du 31 mars 2022).
  5. Éviter de pénaliser les entreprises en interdisant le recours à des alternatives à l’électromobilité (Ex. : subsides uniquement accordés aux véhicules électriques).
  6. Prendre en compte les technologies alternatives en développement comme l’hydrogène, l’eFuel, certains biocarburants, etc. sans miser sur la seule technologie électrique.
 

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